vous êtes ici : accueil > Actualités > Section

Vos outils
  • Diminuer la taille du texte
  • Agmenter la taille du texte
  • Envoyer le lien à un ami
  • Imprimer le texte

Privatisation insidieuse

quand l’État se désengage discrètement.

On parle souvent de “réformes” ou de “modernisation” de l’action publique.
Mais derrière ces mots rassurants, se cache parfois une réalité bien moins anodine : celle d’un désengagement progressif de l’État, au profit du privé. Et souvent, sans que les agents ou les usagers ne soient véritablement consultés.

Un retrait par petites touches
Il n’y a pas toujours besoin d’un grand plan de privatisation officiel pour que les missions publiques basculent. Le retrait de l’État peut prendre des formes plus subtiles :
– externalisation de tâches à des prestataires privés,
– recours croissant à la sous-traitance (ménage, accueil, maintenance, support informatique…),
– suppression de guichets de proximité, remplacés par des plateformes privées ou dématérialisées,
– transfert de certaines compétences à des structures para-étatiques, voire à des entreprises.

Des exemples ?
Encaissements confiés aux buralistes
Depuis 2020, les paiements en espèces ne se font plus dans les centres des finances publiques, mais chez des buralistes agréés. Résultat : les agents sont écartés, les usagers doivent sortir du service public, et les plus fragiles sont pénalisés.

Sous-traitance généralisée
Nettoyage, accueil, surveillance, etc. Ces missions sont souvent confiées à des prestataires privés, avec des conditions précaires et une qualité de service dégradée. L’État se désengage du quotidien.

Guichets supprimés
De nombreuses trésoreries de proximité ont fermé, remplacées par des plateformes numériques ou des centres distants. Moins de contact humain, plus d’isolement pour les usagers comme pour les agents.

Missions publiques transférées au privé
Grands projets (comme Balard) confiés à des entreprises via des partenariats public-privé, ou recours à des cabinets comme McKinsey pour piloter des politiques publiques. L’expertise interne est court-circuitée.

Un service public affaibli, des missions dénaturées, quand l’État se désengage :
Ce sont souvent des entreprises privées qui reprennent la main, avec une logique de rentabilité incompatible avec l’intérêt général.

Les agents publics perdent le sens de leur mission : on leur retire des compétences, on les éloigne du contact avec les usagers, on les transforme en simples exécutants.

Les usagers sont les premiers pénalisés : complexité accrue, rupture du lien humain, inégalités d’accès au service selon le lieu ou le niveau numérique.

Un exemple ? Les Finances Publiques.
Dans notre administration aussi, le désengagement est en cours :

Moins de guichets, plus de numéros surtaxés et de téléprocédures impersonnelles.
Externalisation progressive de certaines fonctions supports.
Réorganisations internes qui visent plus à réduire les coûts qu’à améliorer la qualité du service rendu.

Et cela, sans toujours le dire ouvertement. On n’appelle plus ça privatisation, on parle de “partenariats”, de “restructuration”, ou de “simplification”. Mais le résultat est le même.

Pourquoi c’est un problème ?
Parce que le service public n’est pas une entreprise.
Le service public n’a pas vocation à être rentable, mais à répondre aux besoins de toutes et tous, sans discrimination.

Parce que les agents publics sont porteurs de valeurs d’égalité, de continuité, de neutralité.
Et que ces valeurs sont incompatibles avec la logique de marché.

✊ Ce que propose la CGT :

Stopper le démantèlement silencieux des missions publiques.
Renforcer les effectifs, les moyens, et la formation dans les services publics.
Redonner du sens au travail des agents, en revalorisant leurs compétences et leur utilité sociale.
Refuser l’opacité des décisions imposées d’en haut, sans débat, sans évaluation, sans écoute des agents.

Ce combat n’est pas corporatiste. C’est un combat pour une société solidaire.
Un service public affaibli, c’est une République qui vacille.

✊Faisons bloc. Réclamons des moyens pour servir dignement la population. Ne laissons pas le privé décider à notre place.

Article publié le 4 juillet 2025.


Politique de confidentialité. Site réalisé en interne et propulsé par SPIP.